Photo archives de la ville de Nîmes.

L’État français sélectionne chaque année un bien culturel, naturel ou mixte pour le présenter devant le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco et le faire inscrire sur la liste prestigieuse du patrimoine mondial. La Maison carrée va bientôt en faire partie.

Les sites inscrits à l’Unesco s’engagent à tout mettre en œuvre pour restaurer, protéger, valoriser et transmettre aux générations futures ce patrimoine dont ils ont la charge et qu’ils doivent partager avec le monde entier. À Nîmes, c’est déjà le cas, mais la Maison carrée a un petit plus : elle est universelle et unique.

Mais Nîmes n’en est pas à son coup d’essai. De nombreux dossiers furent déposés à l’Unesco sans qu’ils n’arrivent à charmer l’institution. Pourquoi ? Ils manquaient de sens et n’offraient pas une notion d’universalité et de rareté. Avec la Maison carrée, temple romain le mieux conservé au monde, c’est différent. Temple dynastique dédié aux petits fils d’Auguste : Caius Julius et Lucius Caesar, princes de la jeunesse, morts prématurément, la Maison carrée est l’un des témoignages parmi les plus importants de l’architecture et de la diffusion du culte impérial dans les provinces de l’Empire à l’époque du règne d’Auguste.

La Maison carrée est, avec le Panthéon à Rome, le temple le mieux conservé du monde romain. Le temple Nîmois est l’unique et plus ancien représentant de l’ordre corinthien romain augustéen toujours en élévation, ayant conservé intact l’ensemble de son décor avec son exceptionnelle frise ornée d’enroulements de rinceaux de feuilles d’acanthe peuplée d’oiseaux.

L’idée que l’on se faisait des vestiges antiques dans les années 1970. Du chemin a été parcouru (Photo archives municipales de Nîmes fonds Hervé Collignon).

Nîmes conserve un ensemble architectural romain remarquable comme un amphithéâtre, un castellum aquae, des éléments monumentaux de l’enceinte antique comme les portes Auguste ou de France, la Tour Magne, le Temple de Diane et le tracé de l’Augusteum qui sont autant de témoignages prégnants de la civilisation gallo-romaine. Parmi eux, le temple dit la Maison carrée.

Pour rappel, lors de la session 2018 à Manama, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco avait choisi de différer l’inscription de Nîmes (dont le nom du dossier était “l’Antiquité au présent”). Malgré sa déception, la Ville avait alors pris acte de cette décision et, forte du large soutien du ministère de la Culture et des Nîmois, avait choisi de poursuivre un travail de près de 12 ans d’effort en présentant une nouvelle candidature.

Nîmes et ses monuments, c’est une longue histoire d’amour ! Ici la Maison Carrée dans les années 1950 (Photo Archives municipales fonds Hervé Collignon).

Dès 2019, la Ville et le ministère de la Culture ont ainsi sollicité Icomos International afin de redéfinir scientifiquement le choix de cette nouvelle candidature. Celui de la Maison carrée s’est alors affirmé et l’élaboration du dossier a été mise en œuvre sous la direction scientifique de l’académicien Pierre Gros, spécialiste mondial de l’architecture romaine.

Le dossier de candidature a été présenté devant le Comité du patrimoine mondial, validé et sélectionné par l’État Français, seul décisionnaire pour déposer et soumettre à l’examen un dossier à l’Unesco. Les experts Icomos International mandatés par l’Unesco ont 18 mois pour étudier le dossier avec un passage devant la 47e session du Comité du patrimoine mondial en juin 2023. Mais avant cela, en janvier  2022, c’est le dépôt officiel du dossier de candidature auprès du ministère de la Culture pour être sélectionné par l’État Français qui sera acté.

En 1988, l’eau avait recouvert toute la place qui entoure la Maison carrée (collection archives municipales Nîmes – photo Michel Pradel)

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

NÎMES L’Unesco pour la Maison carrée, c’est jouable ! – Objectif Gard
Étiqueté avec :