ee
À St-Philbert de Grand Lieu, près de 200 personnes ont assisté à la deuxième réunion publique sur le projet de méthaniseur. ©Le Courrier du pays de Retz

21 h 50, salle des Marais, à Saint-Philbert de Grand Lieu. Fin de la deuxième réunion publique sur le projet de méthaniseur XXL envisagé à Corcoué sur Logne. Ce mardi 23 novembre 2021, près de 200 personnes sont venues assister à la présentation de MéthaHerbauges.

Pour plus de la moitié des participants, opposés à l’unité géante ou riverains exprimant des inquiétudes, les réponses apportées ne les ont pas vraiment rassurés. Et pour une autre partie de l’assistance, des agriculteurs qui veulent s’associer à la biométhanisation, le dossier est considéré d’intérêt public.

Pas sûr que les trois heures de discussion aient réussi à faire bouger les lignes, malgré les efforts des garantes de la commission nationale du débat public chargées d’animer la soirée.

« Quelle est la marge de manœuvre ? »

L’une d’elles, Karine Besses, a rappelé en préambule : « Il est dommage que la concertation arrive aussi tardivement, car il n’y a pas eu de dialogue assez élargi à toute la population, à tous les acteurs. » Et après divers échanges, parfois tendus, la garante a posé la question centrale des débats : « Quelle est la marge de manœuvre aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous êtes prêts à faire évoluer ? »

Sur le plan technique, Guillaume Loir, directeur exécutif France de Nature Energy, assure : « Nous mettons les technologies les plus efficaces à disposition. Pour le traitement de l’air et des odeurs par exemple, nous investissons 8 millions d’euros dans un outil non productif. En échangeant pour améliorer les choses, nous pouvons aller au-delà de ce que la loi impose. »

Quant à Guillaume Voineau, président de la Coopérative d’Herbauges et de MéthaHerbauges Corcoué, il rejette une part de responsabilité aux élus sur les alternatives possibles : « Nous proposons un projet et nous sommes prêts à être ouverts, mais cela fait trop longtemps qu’on attend ! Il n’y aucune proposition. Quels terrains ? Comment ? Quel modèle économique ? Nous n’avons pas eu d’autres opportunités. Soit on essaye de faire quelque chose, soit on est sur un territoire où on ne fait rien ! »

Karine Besses a alors rebondi : « C’est vous qui portez le projet, c’est à vous de le co-construire. » Le président soutient : « Si on doit diviser le projet par trois, on doit nous dire sur quel site. »

Des camions qui posent question

D’emblée, les membres du Collectif vigilance méthanisation Corcoué (CVMC) ont reproché aux porteurs de projet le manque de communication sur les réunions publiques. Les médias ont été sollicités et 70 000 tracts devaient pourtant être distribués par La Poste, mais de nombreuses boîtes à lettres ont semble-t-il été oubliées. Et pourquoi ne pas organiser une réunion à Corcoué sur Logne ? « Les lieux sont justifiés et ils représentent tout le territoire », a répondu Guillaume Voineau.

À lire aussi

Plusieurs points de clivage ont été évoqués au cours de la réunion. Une noria de camions (107 rotations jour) devra transporter fumiers, lisiers et cultures à vocation énergétique à l’aller et du digestat au retour. Des matières traitées dans les fermes actuellement. Une question qui provoque l’incompréhension des opposants. « Mais aujourd’hui, on ne produit pas de gaz, souligne Guillaume Voineau. Tout projet génère des transports. »

Sur la nature des sols, la présence ou non de carbone, la vie microbienne, chacun s’appuie sur des rapports scientifiques qui étayent leur position. Pour un membre du collectif corcouéen, « actuellement, on est incapable de dire comment le digestat va vivre dans la terre ». Et le président de MéthaHerbauges affirme : « Les études menées doivent permettre d’optimiser la valorisation du digestat dans le sol. Nous ne sommes pas en train de découvrir la méthanisation. »

10 000 tonnes de bois pour chauffer l’unité

Les 10 000 tonnes de bois nécessaires au chauffage des cuves sont un autre sujet de préoccupation, sachant que l’installation pourrait techniquement s’autoalimenter. « Le bilan énergétique de l’outil est meilleur en valorisant le bois ainsi, explique Guillaume Loir, de Nature Energy. Nous travaillons avec Atlanbois sur l’idée de créer une filière en Loire-Atlantique, notamment sur des plaquettes forestières labellisées.

Les opposants ont mis en avant l’accident du méthaniseur de Châteaulin (29) en 2020 pour évoquer la sécurité du projet en terme environnemental. « Tout le site sera dans une cuve de rétention, dont la capacité est largement supérieure à celles des cuves », précise Guillaume Loir. Et Guillaume Voineau répète : « Si nous n’apportons pas toutes les garanties, il n’y aura pas d’autorisation des services de l’État. » Rappelons que le dossier pour l’Installation classée protection de l’environnement (ICPE) est déjà en cours d’instruction au sein de la préfecture.

Avant les ateliers thématiques à Machecoul Saint-Même, à la salle Vallée du Tenu, les 7 et 14 décembre, une dernière réunion publique a lieu à Legé, site des Visitandines, salle Rabelais, le vendredi 26 novembre, de 18 h 45 à 21 h 30.

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Le Courrier du Pays de Retz dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

Source Google News – Cliquez pour lire l’article original

Méthaniseur XXL en Loire-Atlantique : opposants et porteurs de projets campent sur leur position – Le Courrier du Pays de Retz
Étiqueté avec :