Logement social : la Caisse des dépôts a l’argent mais manque d’élus volontaires – Sud Ouest

Eric Lombard :On a un rythme de projets qui s’accélère. C’est une bonne chose, ces projets sont bien diversifiés, des investissements qui concernent la transition écologique et…

Eric Lombard : On a un rythme de projets qui s’accélère. C’est une bonne chose, ces projets sont bien diversifiés, des investissements qui concernent la transition écologique et énergétique, des projets qui sont structurants, porteurs d’emplois, plutôt bien répartis sur le territoire. La croissance qu’ils génèrent doit profiter à tous. Lors de mon déplacement en Gironde (NDLR : jeudi 23 juin), je vais à Castillon-la-Bataille et Libourne notamment constater l’impact du programme « cœur de ville » emblématique du développement des villes moyennes où un quart de nos concitoyens au moins vivent. J’irai aussi visiter le projet de futur centre de tri des déchets Trigironde. Ces exemples illustrent bien la richesse des projets soutenus.

Il y a beaucoup de projets mais les chantiers de logements sociaux dont vous participez au financement marquent le pas ?

Oui, c’est un point qui me préoccupe. C’est un problème récurrent qui s’est accéléré depuis les dernières municipales. Il y a eu l’impact de la crise Covid, les contraintes liées à la loi Climat, l’attention légitime portée à la réduction de l’artificialisation des sols. C’est inquiétant car les nouveaux modes de vie comme, les familles monoparentales, les jeunes travailleurs en mobilité restent consommateurs de logements et nous avons les moyens de financer les programmes de construction.

L’argent des livrets A, l’épargne des Français ne dort pas ! Il est investi dans les territoires

De quels moyens dispose la Caisse des dépôts ?

Nous disposons de fonds propres que nous investissons dans des Sociétés d’économie mixte ou des entreprises privées. Dans le cadre du plan de relance, nous avions décidé d’engager 26 milliards de fonds propres pour du développement économique. Nous aurons dépensé 80 % des sommes du plan de relance à l’horizon fin 2022. Le deuxième outil d’intervention ce sont les prêts des fonds d’épargne, l’argent des Livrets A, notamment que nous gérons et que nous investissons. Les Françaises et les Français ont parfois l’impression de l’argent du livret A dort. Ce n’est pas cas, on le prête et il travaille sur les territoires ! Nous disposons aussi d’une capacité annuelle de prêts de 10 milliards que nous pouvons porter à 20 milliards d’euros au profit notamment du logement social pour lequel nous voudrions être plus sollicités.

Alors qu’est-ce qui freine vraiment ?

Pas les bailleurs, leur capacité à construire est entière. L’accès au foncier dans les métropoles et villes moyennes, sans surprises, mais aussi dans les zones rurales est problématique, mais il ne faut pas se le cacher non plus, il y a du côté des élus la tentation de freiner les permis de construire pour freiner l’arrivée de nouvelles personnes… Ce commentaire, je l’adresse à tous les élus, c’est une tendance partagée, toute famille politique. Le manque de logement est un frein à l’emploi dans une période où il manque des centaines de milliers de candidats et au donc au développement économique.

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