Dans le Trégor, les demandes de logement social en hausse de 25 % en quatre ans – Le Télégramme

Le téléphone sonne régulièrement dans l’agence lannionnaise de Terres d’Armor Habitat (anciennement Côtes-d’Armor Habitat). Au bout du fil, désormais, un public qui se tournait jusqu’alors vers le parc locatif privé. « Les gens nous appellent parce que le propriétaire du bien qu’ils louent a décidé de vendre et ils risquent de se retrouver sans toit », explique Alexandra Kerdudo, responsable de l’agence trégorroise du principal bailleur social du département. Une agence qui couvre tout le secteur de l’agglo et qui a enregistré une hausse de plus de 25 % des demandes, entre 2018 et 2022. Au 1er juin, pas moins de 1 863 dossiers de demandes étaient gérés dans le secteur.

De nouveaux profils chez les demandeurs

Une hausse des demandes qui s’accompagne d’une évolution dans le profil des demandeurs. « Des personnes logées jusqu’alors dans le privé, salariées, nous sollicitent – parfois dans l’urgence – parce que leur propriétaire souhaite vendre. » Ce qui peut se comprendre, vu les prix actuels de l’immobilier et les contraintes législatives qui obligeront bientôt les propriétaires de logements énergivores à effectuer des travaux. Il y a aussi ceux qui privilégient la location saisonnière.

J’ai même reçu la demande d’un médecin, qui respectait évidemment les plafonds de revenus.

« Des personnes qui n’auraient jamais imaginé se tourner vers le parc social le font désormais, constate Alexandra Kerdudo. J’ai même reçu la demande d’un médecin, qui respectait évidemment les plafonds de revenus. » Il y a aussi les familles monoparentales ; après une séparation, chacun recherche un nouveau logement – le plus souvent des T2 ou T3 -, ce qui double le besoin de logements. « Nous sommes également contactés par des employeurs, comme Nokia ou encore le centre hospitalier, qui cherchent à loger des remplaçants ou de nouveaux salariés », ajoute la représentante du bailleur social.

La construction de nouveaux logements sociaux ne suit pas la hausse des demandes.
La construction de nouveaux logements sociaux ne suit pas la hausse des demandes. (archives Le Télégramme/Olivier Paris)

Une croissance limitée du parc immobilier

Face à ces demandes en hausse, le parc immobilier, lui, n’augmente pas au même rythme. Et encore, de nouveaux programmes sont régulièrement menés mais les aides de l’État ne suivent pas. Conscients du problème, les responsables de l’agglo trégorroise ont entrepris de rédiger un nouveau guide des aides à la pierre. Afin d’encourager les constructions de logements. « D’autant que lorsqu’on crée un logement social, il s’agit toujours d’une résidence principale, explique Alexandra Kerdudo. Cela représente un intérêt pour de nombreuses communes, pour les commerces locaux comme pour les écoles… »

Un turn-over limité

Face à ces difficultés, les heureux élus obtenant un logement social sont peu enclins à le quitter. Pour se reloger dans le privé ou même pour construire. Entre les permis de construire bloqués à la suite de problèmes d’assainissement, la hausse du coût des matériaux et la remontée des taux d’emprunt, c’est encore une part des locataires qui ne sortent pas du parc social. Une situation qui ne semble pas près de s’arranger.

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