Brionne. 450 000 € pour dépolluer et raser une friche en centre-ville – L’Eveil Normand

La friche de la SIM est située dans la rue Saint-Denis à côté de la boulangerie Derly.
La friche de la SIM est située dans la rue Saint-Denis à côté de la boulangerie Derly. La question de la mitoyenneté est un point de vigilance. ©Eveil Normand / AB

L’action publique demande du temps, souvent. Et la reconversion des friches industrielles à Brionne (Eure), présentée comme un enjeu d’avenir, est là pour le rappeler. Six ans après l’acquisition de 80 % du site Delaporte-Siret, rue Lemarrois, le dossier semble au point mort, la Ville n’étant toujours pas propriétaire de la totalité des lots.

À la différence de la SIM (Société Industrielle de Manutention), rue Saint-Denis, entrée complètement dans le giron communal en 2019, moyennant 200 000 €, une somme réglée par l’Établissement public foncier de Normandie (EPFN), mais que la collectivité devra rembourser à moyen terme.

En attendant, une première étape a déjà été franchie avec la réalisation d’une étude et d’un diagnostic. Le calendrier s’accélère, suite au conseil municipal mardi 7 juin 2022. Place maintenant aux travaux de dépollution et de déconstruction de cette ancienne usine de chaudronnerie vaste de 5800 m².

« Sur la dépollution, cela ne concerne, fort heureusement, que les bâtiments et la présence d’amiante, quelque chose de très classique. Il n’y a pas de pollution avérée sur les métaux lourds et les hydrocarbures »

Valéry Beuriot

Une enveloppe maximale de 450 000 € HT est envisagée pour cette opération, la participation de la Ville représentant un quart de la dépense, le reste étant financé par la Région Normandie et l’Établissement public foncier de Normandie. 

Vigilance sur les mitoyennetés 

Un point de vigilance est soulevé, celui des mitoyennetés avec des locaux imbriqués dans le bâti ancien de la rue Saint-Denis. « Un état des lieux contradictoire est en cours pour que les riverains puissent être rassurés », souligne le maire. La proximité avec la Risle est une autre préoccupation, la convention précisant bien que le lit de la rivière devra être conservé « avec l’arasement des murs des bâtiments à l’aplomb du soutènement ». Le dallage porté (un plancher constitué de béton) qui enjambe le bras de rivière sera maintenu. Le site sera rendu nivelé sommairement et clôturé. 

Le chantier doit s’étendre de septembre à décembre 2022. La circulation piétonne et automobile, dans cette artère majeure du centre-ville, sera assurée, afin notamment de permettre à l’activité commerciale de se poursuivre. Même si à certains moments, « de façon très temporaire », il sera nécessaire de mettre en place une déviation « lors de l’amenée de certains matériaux », prévient Valéry Beuriot. Un planning précis sera transmis aux riverains quand la consultation des entreprises sera terminée, sachant que des découvertes archéologiques pourraient ralentir l’avancée du projet. « Nous sommes dans un secteur concerné par l’archéologie préventive », rappelle le maire, en faisant référence aux vestiges de l’époque gallo-romaine qui avaient été mis au jour au moment des travaux de l’ancien Intermarché. 

L’objectif d’une résidence autonomie

Et ensuite, une fois qu’il sera rasé, qu’adviendra-t-il de cet endroit ? Plusieurs aménagements sont possibles.

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« On a besoin d’habitat en centre-ville qui réponde à des besoins particuliers. L’objectif, sur cette friche, c’est une résidence services, que l’on appelle aussi résidence autonomie. Entre la nécessité d’adapter les logements pour que les personnes âgées restent le plus longtemps possible dans leurs logements et l’Ehpad, qui est de plus en plus dévolu à la prise en charge de la grande dépendance, il y a un trou dans la raquette qu’il faut combler sur notre territoire de l’ouest du département de l’Eure. Nous sommes peu pourvus de ce type de résidence. » 

Valéry Beuriot

Au moment de la construction du lotissement rue Maurice Legay en 2020, la municipalité avait reçu le double de sollicitations pour les 32 logements disponibles. La preuve que la demande existe bien. « Les gens cherchent à se rapprocher des services et des commerces », ajoute l’édile. 

Dans le cadre de ce projet, la municipalité a aussi en tête l’idée de favoriser l’attractivité de la commune en facilitant l’arrivée d’artisans et de commerçants, par exemple avec des boutiques éphémères. Des locaux pourraient donc être consacrés à l’activité économique quand le nouveau visage de la friche se dessinera. 

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