De vifs échanges ont eu lieu lors du vote du plan local d’urbanisme, en conseil municipal.

Devant le bâtiment Atome, lundi soir, un quart d’heure avant le dernier conseil municipal d’Alès de l’année, une trentaine de personnes, mobilisées par le groupe d’opposition de gauche qu’est le Printemps alésien, expriment leur désaccord envers le plan local d’urbanisme (PLU), dont le vote est à l’ordre du jour. Le ton est donné. Dans la salle des Assemblée, en ouverture des débats, le maire, Max Roustan, confirme qu’il s’agit du “gros morceau” de la séance, avant de laisser la parole à son premier adjoint, Christophe Rivenq, en charge des questions urbanistiques.

D’entrée de jeu, conscient de la volée de bois vert que la gauche lui réserve, ce dernier joue la carte de la pédagogie, revient sur quelques éléments du passé, puis insiste : “On ne fait pas un PLU pour nous-mêmes, mais pour l’avenir de la ville d’Alès et pour l’intérêt commun.” La pierre d’achoppement de ce sujet, alimentant les querelles politiques depuis des mois, arrive vite sur l’établi : les Hauts d’Alès.

Les grandes dates de la révision

20 OCTOBRE 2014

La révision du plan local d’urbanisme est lancée, soit peu après le vote du PLU de 2013, pour répondre au Grenelle de l’Environnement et être en conformité avec de nouvelles réglementations, telles que la loi Alur.

21 DÉCEMBRE 2020

Le projet de révision du PLU est adopté par décision du conseil municipal.

19 AVRIL AU 21 MAI 2021

Enquête publique unique.

21 JUIN 2021

Avis favorable, avec réserves, du commissaire enquêteur.

Le bras droit de Max Roustan, qui, au regard des dernières études de l’Insee, voit la population de la ville progresser, tente de clarifier la situation : “Il s’agit d’une zone à urbanisation future. Gouverner, c’est prévoir. Il est judicieux de se garder une zone qui pourrait se développer dans dix, vingt ou trente ans. Il n’a jamais été question de passer cette zone en urbanisme. Sur les Hauts d’Alès, ce n’est pas constructible ; il ne se passera rien.”

Quelques modifications

Il s’attarde alors sur les modifications apportées au PLU, pour ce secteur : reclassement de vingt hectares de parcelles communales en zone naturelle, suppression totale et suppression partielle d’emplacements réservés (création, élargissement de voies), réduction du nombre de logements, s’établissant à 395 au lieu de 815, et suppression du projet de prison (laquelle sera construite à Nîmes, NDLR). “D’un côté, il faut préserver notre ville, mais aussi être en capacité d’accueillir ceux qui veulent s’y installer, martèle Christophe Rivenq, avant de s’agacer, en visant son opposition de gauche. À un moment, entendre des conneries tous les jours, ça me pèse sur les esgourdes !”

Paul Planque dénonce “un passage en force”

Justement, le communiste Paul Planque, son texte bien en mains, passe à l’offensive, regrettant d’abord que la demande, émanant de la gauche, de “suspension du processus” n’ait pas été entendue : “Vous êtes restés sourds. Votre choix est celui du passage en force. Je le regrette.” Les assauts fusent ensuite, allant de la démographie jusqu’au choix d’une politique, en passant par le passé d’Alès et le nombre envisagé de logements sociaux : “lacunes”, “erreurs”, “approximations”, voire “révisionnisme politique” sont reprochés à la majorité, tout en l’accusant de créer “un cadre privilégié pour les riches”. Paul Planque déroule : “Vous surfez sur la complexité d’un tel dossier […] Nous œuvrerons à vous faire tomber de la vague et vous faire reprendre pied avec la réalité, celle des Alésiens dans leur quotidien, qui méritent mieux que ce miroir aux alouettes que vous nous présentez ce soir.” Le leader du Printemps alésien demande à “surseoir” à ce PLU, dit avoir des “propositions” et conclut en faisant “le vœu d’un retour à la raison”.

Le tacle de Max Roustan

La repartie de Christophe Rivenq est cinglante. “Vous dites des inepties et des mensonges […] Vous donnez des leçons juridiques ; je n’ai pas de leçons à recevoir. Pour parler d’une ville, il faut la connaître, balance le premier adjoint. Venant de vous, c’est hallucinant […] Vous ne pouvez tenir autant de contre-vérités qui empêchent un débat démocratique apaisé.” Max Roustan, quant à lui, reste stoïque. Concédant que le sujet est “effectivement compliqué”, il déclare : “Les Alésiens seront juges. Ils ont jugé six fois depuis 1989 et ne se sont jamais trompés…” Sans hausser la voix, il vient d’appuyer son tacle. Quelques élus de droite s’empressent d’applaudir ; le premier magistrat les stoppe immédiatement.

À l’heure du vote, seuls les représentants du Printemps alésien votent contre le PLU ; la majorité et les deux élus du Rassemblement national l’approuvent.

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Nouveau PLU en débat au conseil municipal : “Sur les Hauts d’Alès, ce n’est pas constructible” – Midi Libre
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