Nice : Arrêté, PLU… La mairie veut compliquer les affaires des « darkstores », ces supérettes fantôme en centre-ville – 20 Minutes

Les services de coursiers sont décidément dans le viseur de la mairie de Nice. Après avoir réglementé le stationnement des deux-roues des plateformes de livraisons de repas, depuis le 15 décembre dans certains quartiers, elle annonce « des mesures d’encadrement et de contrôle » des « darkstores ».

Elle accuse ces entrepôts qui s’installent dans plusieurs centres-villes de France, et d’où l’on peut se faire livrer des courses du quotidien via une app, de « fragiliser le commerce traditionnel », et d’ajouter des nuisances. « Les va-et-vient sont constants. Ça nous tape sur le système », confirme une riveraine du boulevard Risso, où Gorillas, l’un des leaders de ce nouveau marché, s’est implanté l’été dernier.

Le PLU modifié pour ne plus les accueillir ?

Ces doléances et celles d’associations de commerçants, qui craignent des les voir pulluler ont encouragé la mairie à réagir. Elle a annoncé la prise de mesures dès « le prochain conseil municipal » prévu en juin. Comme pour les services de livraison de repas, un arrêté interdisant la présence de coursiers entre 11h30 et 21h30 sur un périmètre précis serait au programme.

« Nous travaillons sur le durcissement des dispositions du Plan local d’urbanisme [PLU], afin d’interdire les locaux à destination d’entrepôt dans les rez-de-chaussée et les sous-sols des immeubles d’habitation », précise le maire Christian Estrosi. En attendant, dit-il, sur le sujet des nuisances générées par les livreurs, la présence de la police municipale a été « renforcée ».

Flink dans les starting-blocks

L’attente de « mesures fortes » est grande parmi les gérants de magasins traditionnels, alors que Flink, un autre acteur du secteur a prévu son implantation directement sur l’avenue Jean-Médecin, au numéro 58, selon le registre du commerce. Des recrutements ont également été lancés.

« Le phénomène nous impacte déjà. Les supérettes de quartier n’arrivent plus à s’en sortir. On est entré dans une logique de paupérisation des cœurs de ville », peste Christophe Brémard. Et le président de l’association des commerçants Nice centre rive-droite est prêt à se saisir lui-même du « problème », « si les dispositions de la municipalité n’allaient pas assez vite et pas assez loin ». « Nous attendons de voir ce qui sera effectivement mis en place. Parallèlement, nous sommes en train de former une grande association de professionnels et de riverains avec le concours d’un avocat », explique-t-il.

Contactée par 20 Minutes, la direction de Gorillas indique que tout est fait « avec les élus locaux et les différents ministères » pour « construire un cadre permettant le développement cette nouvelle forme de commerce ». Elle précise aussi que « si des nuisances sont remontées, des mesures sont immédiatement prises ». Dans son local de Nice, « suite à un problème acoustique soulevé par le voisinage, un sol spécifique est en cours de mise en place afin de réduire le son », assure-t-elle.

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