MaPrimeRénov’ : un premier trimestre poussif – Le Moniteur

Sans augmentation du nombre de dossiers financés aux prochains trimestres, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ne pourra atteindre son objectif annuel de 685 000 logements rénovés à travers MaPrimeRénov’.

C’est l’enjeu majeur pour réduire l’empreinte carbone du logement, mais l’Agence nationale de l’habitat (Anah) ne communique pas sur les rénovations globales. En témoigne son « reporting » du premier trimestre 2022 mis en ligne en mai dernier, sans communiqué de presse ni communication sur les réseaux sociaux.

En 2021, l’Anah avait recensé 60 000 rénovations globales sur les 751 646 logements rénovés dont 644 073 via MaPrimeRénov’. Cette année, l’agence, qui valide les demandes d’aides, vise les 685 000 unités rénovées à travers ce dispositif. Fin mars, à un quart du parcours, seulement 148 181 dossiers étaient financés. A ce rythme, MaPrimeRénov’ ne refranchirait pas en 2022 la barre des 600 000 habitations rénovées.


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Les copropriétés à la traîne

Page 4 de son reporting consultable en ligne, un indicateur clé apparaît : « La grande majorité des travaux sont réalisés en maison individuelle (97% des dossiers financés) ». Logique : le dispositif MaPrimeRénov’ Copropriétés, dont le service en ligne de dépôts des dossiers est ouvert depuis le 11 janvier 2021, peine à décoller. Seulement 17 copropriétés, dont 8 en Ile-de-France, étaient, fin mars, dans la catégorie « dossiers financés ».

Au 31 décembre 2021, 204 copropriétés avaient voté les travaux et déposé un dossier de demande d’aides pour un total de 12 000 logements en cours de rénovation ou à rénover en 2022. Avec, comme condition, une baisse d’au moins 35% des consommations énergétiques. La France compte plus de 500 000 copropriétés.


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Reste à charge

 

L’aide MaPrimeRénov’ représente en moyenne 48% de la facture finale d’un ménage très modeste, selon le compte-rendu du premier trimestre 2022 de l’Anah. Autrement dit, hors aides locales et certificats d’économies d’énergie (CEE), premiers financeurs des travaux de rénovation énergétique, le reste à charge d’un couple francilien gagnant moins de 31 003€ par an (22 320€ en régions) s’élève à 52%.

 

MaPrimeRénov’ pèse 22% du coût total des travaux de rénovation énergétique d’un logement détenu par un ménage modeste, par exemple un couple dont le revenu fiscal 2021 est inférieur à 37 739€ (s’il vit en Ile-de-France) ou à 28 614€ (en régions). Il s’élève à 28% pour la catégorie intermédiaire et à 3% pour les foyers aisés.

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