L’exposition universelle en Arabie Saoudite en 2030 ? – Journal de l’Economie


L'exposition universelle en Arabie Saoudite en 2030 ?
La triple décennie 1991-2022 aura retardé cette évolution multipolaire alors qu’une redistribution des cartes était inévitable. En réalité, si le monde a été unipolaire pendant ces trente années écoulées, le nouveau rideau de fer qui s’installe montre que nous sommes revenus à la case « départ », n’ayant fait que du sur-place depuis l’ouverture de ce très long 20e siècle.
 
Or, l’histoire du futur s’écrit déjà ailleurs.
 
La chine entend toucher les dividendes de ces années de labeur à marche forcée, l’Inde se positionne comme puissance intermédiaire non alignée, et la péninsule arabique depuis les accords d’Abraham (2020) tente de composer pacifiquement avec Israël tout en alliant tradition et modernité.
 
 
Ce faisant, prenant conscience d’une fin prochaine des pétrodollars dans un contexte marqué à terme par une énergie de moins en moins fossile, le sous-continent arabe cherche à montrer un nouveau visage et se projette dans un nouvel avenir. C’est une politique de repositionnement qui est à l’œuvre, au moyen d’un puissant soft power.
 
Ainsi, un musée sous licence de marque « Le Louvre » a d’ores et déjà ouvert à Abu Dhabi (Émirats arabes unis), Dubaï s’affiche comme une ville-monde, où vient de s’achever l’Exposition universelle le 31 mars dernier, tandis que Ryad (Arabie Saoudite) est d’ores et déjà candidate pour accueillir cet évènement majeur, en 2030.
 
Précisément, au cours de cette dernière édition, le pavillon saoudien a su largement marquer les esprits, en présentant un édifice provisoire des plus innovants, alliant un forum des entreprises à destination des investisseurs étrangers et des lieux culturels d’exposition et de conférences. Outre une ambition marquée dans le domaine des nouvelles technologies qui semble être le virage que prend le royaume saoudien. C’est à la fois une volonté de diplomatie économique unie à une offensive culturelle.
 
À cet égard, à l’issue de cette édition 2020, le pavillon saoudien a été primé comme meilleur lieu d’exposition, vitrine de son savoir-faire, prenant un ascendant certain dans la compétition pour accueillir l’évènement en 2030.
 
Ce d’autant que cet agenda s’inscrit avec l’objectif affirmé d’une ville nouvelle, moderne et innovante, en cours de réalisation sur les rives de la mer Rouge, dénommée NEOM contraction du grec « néo » et de la lettre « M » pour Mostaqbal (futur en arabe), dont la première tranche sera livrée en 2025. Cette œuvre pharaonique est destinée à être un condensé de l’industrie du futur que veut incarner le royaume : énergie solaire, biotechnologies, ultra connectivité, etc.
 
Dans ce nouveau monde moins vertical et décentralisé, on voit se hisser sur le podium des capitales régionales et l’Arabie Saoudite n’a pas prévu d’en être absente. L’année 2030 devient ainsi un horizon dans cette affirmation de rayonnement et d’influence.
 
 
Par Olivier de MAISON ROUGE
Avocat – Docteur en droit
Dernier ouvrage paru : « Gagner la guerre économique. Plaidoyer pour une indépendance économique et stratégique » (VA Éditions)

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