Le permis de construire du projet de thalasso à Larmor-Plage annulé – Le Télégramme

Après avoir été suspendu le 24 décembre 2021 par le juge des référés, le permis de construire du projet de centre de thalassothérapie, à Kerguélen, à Larmor-Plage, a été annulé par une décision du tribunal administratif de Rennes, datée du 3 juin 2022.

Un délai pas respecté

Les juges ont considéré que « le délai pour produire certaines pièces complémentaires » n’avait pas été respecté, explique Me Thomas Dubreuil, l’avocat des quatre associations de défense de l’environnement qui contestent ce projet : Tarz Héol, Les Amis des chemins de ronde du Morbihan (ACR 56), Bretagne vivante – SEPNB et l’Union pour la mise en valeur esthétique du Morbihan (Univem)?. En particulier, un document du préfet de la Région Bretagne, qui exemptait d’étude d’impact dans ce dossier.

Le tribunal a ainsi annulé ce permis de construire, octroyé en janvier 2021 par le maire de Larmor-Plage, sur une question de forme mais il ne s’est pas prononcé sur le fond du dossier et les questions liées à la loi Littoral, ce que déplorent les associations. « Cette décision nous satisfait à moitié car si le permis de construire est stoppé dans l’immédiat, on ne sait pas ce que cela va donner à long terme », commente Manuela Cavalcante, secrétaire de Tarz Héol.

Lié au projet contesté de lotissement à Kerpape

« Ce n’est qu’une étape même si cela marque un coup d’arrêt à ce projet », se satisfait Me Thomas Dubreuil. Pour lui, le fond du dossier n’a pas été abordé en raison de la procédure en cours devant le Conseil d’État dans le dossier de construction d’un lotissement dans le village de Kerpape, à Ploemeur. Le projet de thalasso « entre en interaction, souligne l’avocat, avec celui de Kerpape », qui se situe dans une zone littorale très proche?.

Sur ce dernier dossier, la Cour d’appel de Nantes avait déclaré, en juillet 2021, que le projet était inconstructible, à Rohr-Mez, près de Kerpape. Le Conseil d’État devrait se prononcer d’ici la fin de cette année ou début 2023. « Le tribunal n’a pas voulu se prononcer explicitement sur la loi Littoral, tant que le Conseil d’État n’a pas donné son avis », pense l’avocat.

Dans ce contexte, la municipalité de Larmor-Plage semble suspendue à cette future décision, avant de pouvoir véritablement s’engager à nouveau dans ce projet de thalasso. « Il faut qu’on analyse et que l’on réfléchisse si on fait appel ou si on dépose un nouveau permis de construire », déclare Francis Jouanjean, adjoint à l’urbanisme, qui ajoute déjà que la commune « s’adaptera » à la décision du Conseil d’État.

Un projet à 30 millions d’euros

Pour rappel, le projet de centre de thalassothérapie est porté par la société Actifkerguelen, du groupe Relais Thalasso. Ce complexe, dénommé « Folie architecturale », envisage de faire sortir de terre, rue de Kerguélen, un hôtel quatre étoiles de 130 chambres, trois piscines d’eau de mer, deux restaurants et des espaces de restauration, pour un investissement total de 30 millions d’euros.

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