Des applaudissements nourris d’Élisabeth Deborde: c’est ainsi qu’a été saluée l’approbation, mercredi soir, par la majorité municipale du plan local d’urbanisme (PLU). La première adjointe de l’équipe menée par le maire Joseph Cesaro, qui a fait partie des majorités précédentes portées par Marc Daunis puis par Christophe Etoré, est la mieux placée pour savoir que ce document majeur relève d’un parcours digne d’un marathon.

La révision générale du PLU de 2006 a été engagée en décembre 2015. Une lourde procédure qui a abouti à l’approbation du projet de révision le 25 juillet 2019. Mais, la crise sanitaire et les élections municipales ont tout stoppé. Jusqu’à l’élection en juin 2020 d’une nouvelle majorité qui a abrogé le précédent projet. Certes, comme l’a rappelé Joseph Cesaro, une révision globale n’a pas pu être menée, cela aurait été trop long. Ainsi le taux prévisionnel de 0,8% de croissance démographique a été conservé. “Il y avait urgence pour empêcher des projets immobiliers d’aboutir tant que cela était encore possible. Pour d’autres, c’est trop tard. On me parle tous les jours des constructions qui sortent routes de Cannes et d’Antibes.”

55% du territoire en zones naturelles

Au bout de près de cinq ans de procédures, le PLU nouveau est donc arrivé! Il se caractérise par une augmentation des zones naturelles (près de 62 hectares, soit 55% du territoire) et des zones agricoles (47 hectares), une réduction des zones urbaines d’environ 66 hectares et de la suppression de zones ouvertes à l’urbanisation future.

Par rapport à la mouture précédente, la majorité a apporté des modifications, comme le maintien de 893 hectares en Espaces Boisés Classés (EBC). Il faut dire que l’enquête publique a mobilisé. Ainsi, 248 “dires” ont été adressés au commissaire-enquêteur, ce qui a contraint ce dernier à rendre son rapport plus tard que prévu.

Pré-de-Bâti: “Engagements tenus”

Le changement le plus notable a fait l’objet d’un amendement présenté par le groupe majoritaire “Futur Nature”: une modification du zonage sur le secteur Pré de Bâti-Val Crête, là où des programmes immobiliers sont prévus, avec une servitude de mixité sociale. “ Nous poursuivons les engagements précédents” a souligné Joseph Cesaro.

Après négociations fermes avec le groupe de fonds de pension américain, nouveau propriétaire, ce sont 133 logements et des bureaux qui seront construits. “Uniquement sur la partie déjà minéralisée. La forêt de chênes est préservée”.

L’ancien maire Marc Daunis s’est réjoui de cette sortie de crise. Son groupe “Mieux vivre ensemble” a d’ailleurs voté pour cet amendement. Tout comme les élus représentés par l’autre ancien maire Christophe Etoré (“Ensemble partageons l’avenir”).

Daunis: “C’est de la spoliation!”

Mais les pierres d’achoppement n’ont pas manqué. Marc Daunis a présenté deux amendements. Dont, pour le droit de bâtir, le retour à 5mètres au lieu de 7mètres des limites entre parcelles. “Pour certains propriétaires, c’est une spoliation…”

Le terme a fait bondir le maire qui a exigé le retrait de ce mot “scandaleux!”

Au final, après une légère cacophonie, pas plus de retrait du terme litigieux que de l’obligation de respecter la limite de 7mètres. Mais, auparavant, Joseph Cesaro avait avancé la possibilité de revoir cette injonction pour les parcelles très étroites.

Logements aux Clausonnes: c’est non!

L’autre amendement dévoilé par Marc Daunis a porté sur les logements. Il pointe les projets sur les parcelles d’Air France et les Terrasses de Sophia. “Au total, ce sont 567 logements à venir concentrés sur cet endroit avec un axe routier déjà saturé”.

La solution? Amender le nombre de logements prévus sur les trois programmes et construire ailleurs. Où? Aux Clausonnes. Là, où l’ancien projet décrié “Open Sky” revu à la baisse prévoit, selon l’ancien maire, des infrastructures. “Il n’y a pas d’équipements publics prévus, pas d’écoles ni de crèches. Ce serait rajouter des déplacements et le nouveau réseau routier prévu a été allégé” s’agace Joseph Cesaro.

Il le martèle: il est opposé à la création de logements aux Clausonnes.

Le maire reçoit le soutien de Christophe Etoré, qui souligne que ce PLU révisé est le travail des précédentes équipes, et se déclare “contre des logements aux Clausonnes, même si la pression de l’État est forte. Je soutiens la création de logements sur la technopole”.

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Le nouveau PLU approuvé à Valbonne – Nice-Matin