Publié le 22 déc. 2021 à 7:37

Le vaste chantier de la rénovation thermique des logements ouvert par le gouvernement offre-t-il des perspectives de rentabilité aux tiers payants, ces opérateurs d’un genre nouveau dont la vocation est d’investir dans la conception-réalisation des travaux pour le compte des propriétaires, puis de se payer sur les économies d’énergie que ceux-ci auront réalisées ? Il semble que oui, mais en partie seulement et en fonction de certaines évolutions.

Selon une étude publiée ce mardi par France Stratégie , 7,9 millions de logements, soit 36 % du parc privé (22 millions de logements), pourraient être rénovés et atteindre un niveau d’isolation et de qualité thermique correcte, celui qui correspond à l’étiquette C des diagnostics de performance énergétique (DPE).

Ce cap serait atteint en garantissant à ces tiers payant un retour sur investissement au bout de vingt ans, fort des aides publiques dont MaPrimeRénov’, qui a été mise en place en 2020 et étendue par le plan de relance, et dont tous les propriétaires peuvent désormais bénéficier. Ce dispositif est destiné à les pousser à passer à l’action sans craindre d’avoir à s’endetter.

Exit les passoires thermiques

« L’enjeu n’est pas mince. Il est de passer d’environ 70.000 rénovations globales ​par an effectuées annuellement (en moyenne sur la période 2012-2018) à 370.000 par an après 2022 et 700.000 par an à partir de 2030 », rappellent les spécialistes de France Stratégie. Le tout afin de se conformer aux objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC).

Le chiffre de 7,9 millions de logements avancé par l’organe d’évaluation des politiques publiques du Premier ministre s’entend sur la base d’un scénario bien précis, bâti sur des paramètres propres à ses experts. Il s’appuie, notamment, sur un taux de subvention homogène de 30 % et ce, quelles que soient la nature et l’ampleur de la rénovation.

A défaut d’être le plus ambitieux en termes de travaux d’efficacité énergétique, ce scénario contribuerait largement à la résorption des 4,8 millions de « passoires énergétiques » recensées en France. Avec lui, ces logements dont le coût de chauffage est une ruine pour ceux qui les occupent, remonteraient en effet jusqu’à la lettre C du DPE, alors qu’ils sont actuellement classés F ou G.

Un chiffre à relativiser

En revanche, lorsque l’objectif de rénovation par unité de logement est plus ambitieux, le nombre d’opérations rentables se réduit comme peau de chagrin. Il tombe à 3,4 millions de logements (15 % du parc) dès lors que la cible visée est l’étiquette B du DPE qui réclame plus de moyens. Et il dégringole à 1 million de biens lorsqu’il s’agit d’atteindre l’étiquette A, la plus exigeante du DPE. Dans ce cas, le niveau de revenu des propriétaires fait davantage office de garantie que les aides à la rénovation.

Autant de projections que France Stratégie prend soin de relativiser. Car les incertitudes liées au développement de la rénovation énergétique sont nombreuses. Les taux d’intérêt, les coûts de rénovation et ceux des énergies sont hautement susceptibles d’évoluer. En prenant en compte la forte variabilité de ces paramètres et en faisant bouger les curseurs, l’étude aboutit à des fourchettes de rentabilité extrêmement large. Le nombre de logements où celle-ci serait atteinte va de 2,3 à 10,5 millions de biens privés rénovés pour l’étiquette C, de 570.000 et 5,6 millions pour l’étiquette B et entre 69.000 et 2,2 millions pour l’étiquette A.

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Immobilier : la rénovation énergétique jugée largement rentable sur vingt ans – Les Échos