Formation : le CAUE 74 apporte les clés d’un urbanisme plus durable – GROUPE ECOMEDIA – ECO SAVOIE MONT BLANC

En proposant un cycle de formation lié à l’évolution du climat local, le CAUE met en avant des leviers pour faire face à l’urgence climatique.

Conseiller, former, informer et sensibiliser est la mission d’intérêt public du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE). Le 7 juillet prochain, à Annecy, l’organisme animera une formation portant sur les solutions d’adaptation au changement climatique du plan local d’urbanisme (PLU) et du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). « L’objectif est d’apporter aux élus qui sont sur les collectivités des deux Savoie des leviers pour travailler sur l’adaptation du territoire au changement climatique, au niveau des documents de planification », explique la formatrice Sylvaine Corbin, conseillère “urbanisme” au CAUE 74.

Cette formation en présentiel va permettre aux élus et services des collectivités, et aux professionnels de l’urbanisme et du paysage, de préparer des territoires adaptés d’ici 2050. Les acteurs des territoires s’interrogent sur le défi que constitue la nécessaire adaptation au réchauffement du climat. À travers de nombreux retours d’expériences – tant en France qu’en Europe – et la présentation de sa boîte à outils “Urbanisme adapté au changement climatique”, le CAUE les fera profiter des résultats de sa démarche innovante et expérimentale.

L’écoquartier Les Rigoles, à Argonay (74), conjugue ville et campagne.

« Dès 2018, nous nous sommes intéressés à l’adaptation au changement climatique. Cela s’explique par le fait que nous avons été prestataires pour la communauté de communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc, dans le cadre d’un projet européen Alcotra [ndlr : Alpes latines coopération transfrontalière]. Nous devions analyser des cas exemplaires d’adaptation de la planification territoriale au changement climatique dans les espaces anthropisés [ndlr : modifiés par la présence humaine]. Le projet AdaPT Mont-Blanc [adaptation de la planification territoriale] est un projet européen s’intéressant aux événements qui se passent en haute montagne, avec, notamment, le retrait glaciaire, la difficulté d’accès aux refuges. L’adaptation, c’est se dire que le changement climatique, il est déjà là. Il faut absolument que les responsables de l’aménagement du territoire des communes et des secteurs habités s’en préoccupent dès aujourd’hui », argumente Sylvaine Corbin.

Le CAUE est engagé dans des enjeux tels que la maîtrise de la consommation foncière, la démocratisation de l’architecture, la gestion des ressources naturelles ou les économies d’énergie. Depuis quelques années, les architectes ont la préoccupation de travailler sur ce que l’on appelle le « confort d’été ». Pour cela, il faut avoir des logements qui soient traversants, et non mono-orientés. Il faut qu’ils soient suffisamment isolés pour le froid mais aussi pour le chaud, afin d’éviter d’avoir recours aux climatiseurs. Aujourd’hui, l’idée est de maintenir un habitat qui soit adapté au changement climatique, et notamment aux hausses de chaleur, qui peuvent avoir un impact sur la santé dans les villes et dans les secteurs d’habitat dense.

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« Vers une conception bioclimatique »

Les quinze inscrits à la formation du 7 juillet se verront présenter le travail de recherche effectué pendant le programme européen. Celui-ci s’est traduit par la création d’une boîte à outils d’urbanisme climatique, où ils trouveront des mesures concrètes qui peuvent être appliquées dans les PLU. « Nous allons travailler sur différentes thématiques : les trames vertes et bleues (qui permettent d’agir sur les espaces agricoles, la place de la nature dans les villes, la préservation des zones humides), les transports et la mobilité, la densification adaptée au climat, les formes urbaines et l’architecture. Il faut aller vers une conception bioclimatique encore plus renforcée par rapport à ce qui s’est fait jusqu’à présent. Cela demande une vraie réflexion puisque les documents de planification permettent d’encadrer les futurs permis de construire et les futurs permis d’aménager. Il faut préparer l’avenir des quartiers et des espaces urbanisés », conclut Sylvaine Corbin.


Carole Muet


Pour aller plus loin sur les logements bioclimatiques :

https://www.atelierphilippemadec.fr/actualites.html

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