De l’étang du Patriarche aux maisons biscornues et cafés que fréquentait l’auteur du “Maître et Marguerite”… Une balade délicieusement chaotique dans la capitale russe.

Les promeneurs reviennent sur les bords de l’étang du Patriarche. À la nuit tombée, ils sont jeunes et peu nombreux. Une chanteuse de folk égrène, sans public, son répertoire d’une voix éraillée. L’hiver approche, les chaudes lumières des appartements cossus de la rue Malaya Bronnaya se reflètent dans les eaux noires. Bientôt la glace figera tout et la patinoire fera chavirer les beaux quartiers moscovites. Et, si tout va bien, aux premières chaleurs du printemps, le rituel reprendra. Les nombreux amoureux du Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940), devenu roman culte de la jeunesse russe, se donneront rendez-vous au bord du point d’eau, là où s’ouvre le premier chapitre, « sous les ombrages de tilleuls à peine verdissants ».

Le parc de l’étang du Patriarche offre une promenade assez courte et feutrée, mais il regorge de symboles et de tumulteux fantômes qui poussent à s’attarder. C’est ici, par un jour de stupeur, que Boulgakov fait entrer le diable dans le Moscou des années Staline pour y semer un vaste désordre et le peupler de créatures devenues légendaires sur fond d’amour, de fantastique et de burlesque: le démoniaque Woland, maître de magie noire, et le terrifiant Béhémoth, chat noir géant qui brûle toutes les terres qu’il traverse et étourdit les esprits qu’il rencontre.

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Et Mikhaïl Boulgakov faisait entrer le diable dans Moscou… – Télérama.fr