Dans le Gard, la forêt domaniale de Valbonne reflète un écosystème sans pareil – Midi Libre

Depuis mars, l’ONF récrit le Plan de gestion de la forêt de Valbonne. Les équipes d’experts naturalistes se succèdent pour recenser la faune et la flore de ce territoire d’une riche biodiversité.

Ils la connaîtront bientôt comme leur poche, la forêt de la Valbonne. Depuis mars, l’ONF (Office national des forêts) a mis en place un comité de massif avec une instance de concertation pour la forêt domaniale de Valbonne. Ce comité a pour objectif la réécriture du Plan de gestion pour planifier les actions forestières sur ce territoire.

De nombreux hêtres habillent cette forêt gardoise. Beaucoup sont centenaires. “C’est une hêtraie, explique Violette Treil, membre du réseau nature habitat et flore à l’ONF. Il existe très peu de forêts de ce type dans ces conditions. On les trouve plutôt dans les milieux montagneux.”

Jeudi 19 mai, les membres du groupe Biodiversité se sont rencontrés pour la première fois. Ils recensent les espèces présentes sur la forêt : flore, animaux et microhabitats (espaces sur les arbres susceptibles d’abriter des animaux).

Guilaine Archevêque, directrice de l’agence territoriale Hérault Gard pour l’ONF revient d’une longue sortie au cœur de la forêt avec son groupe de travail. “Nous voulons nous assurer que les générations futures puissent bénéficier des mêmes bienfaits de la forêt, en termes de paysage, de captation de CO2, de biodiversité.”

La grenouille agile, une espèce rare

Située au cœur d’une vallée, la forêt de Valbonne offre un climat frais. “De plus, le sol est profond. Il y a donc assez d’eau et d’humidité dans le sol comme dans l’atmosphère pour la croissance des espèces végétales” précise Violette Treil. Si cet habitat est rare, ses enjeux de conservation sont particulièrement importants.

Lionel Roux, technicien forestier territorial en charge de la gestion de la forêt de Valbonne depuis 2013 attend les résultats du comité avec impatience. “C’est une forêt riche en biodiversité mais nous n’avons pas encore beaucoup de connaissances dessus. Peut-être que les hêtres qu’elle abrite sont plus résistants à la sécheresse que d’autres. On pourrait en implanter ailleurs si l’on découvre qu’ils ont une particularité génétique.”

Cette forêt sans pareil abrite des espèces rares comme le chêne sessile ou l’if. Mais aussi une espèce de grenouille que l’on ne retrouve trouve nulle part ailleurs dans le Gard : la grenouille agile. “Elle peut faire des bonds de plus de deux mètres !”, précise le technicien forestier.

Prochainement, le groupe de travail de l’ONF se penchera sur les espèces animales présentes sur cette forêt domaniale. Reptiles, amphibiens, insectes et chauves-souris seront étudiés. Fin juin, le célèbre chiroptérologue de l’ONF, Laurent Tillon, se rendra à la forêt de Valbonne, de nuit, pour recenser les espèces de chauves-souris. “Nous sommes susceptibles d’avoir de grosses surprises, nous n’avions pas de données là-dessus” explique la directrice de l’agence territoriale Hérault-Gard de l’ONF.

Le dérèglement climatique impacte la forêt

Si les forêts jouent un rôle primordial dans la lutte contre le dérèglement climatique, elles n’échappent pas aux conséquences de ce dernier. De nombreux résineux de la forêt de Valbonne voient rougir leurs pieds. “Cela veut dire qu’ils ont soif, voire qu’ils sont morts” explique Violette Treil, membre du réseau nature habitat et flore à l’ONF.

Cela fait plusieurs années que Lionel Roux, technicien forestier territorial en charge de la forêt de Valbonne, observe ce phénomène, “depuis 2017, on a eu plusieurs épisodes de sécheresse à la suite de grosses chaleurs. Les arbres sont affaiblis, on voit que certains ont du mal à s’en remettre”.

Si le hêtre, en abondance dans la forêt de Valbonne ne semble pas être touché par le déréglement climatique, il est à surveiller de près. “Le hêtre a besoin de conditions particulières et de beaucoup d’eau pour sa croissance. On peut se demander s’il ne va pas pâtir du réchauffement” explique Violette Treil.

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