Comment traquer les micropolluants à la station d’épuration de Nevers-les Saulaies – Le Journal du Centre

Ils sont invisibles à l’œil nu mais, même à de faibles doses, peuvent avoir de grandes répercussions négatives sur l’environnement et les organismes vivants. Ils, ce sont les micropolluants.

Depuis décembre et jusqu’à la fin juin, une “boîte grise”, dénommée “ToxMate”, est testée sur la station d’épuration de Nevers-les Saulaies. Elle est capable de détecter leur présence ou non dans l’eau.

« Les micropolluants sont, depuis une dizaine d’années, une préoccupation majeure, on travaille à mieux les connaître », explique David Verhille, directeur du territoire Bourgogne Centre chez Veolia. Ce que l’on sait déjà, c’est que ces micropolluants proviennent notamment des solvants à usage industriel ou artisanal, des pratiques agricoles et produits phytosanitaires, de l’activité domestique (produits de beauté, détergents, résidus médicamenteux, etc.) ou encore du lessivage des sols (hydrocarbures, pneu).


 

Utiliser la chimie classique pour les détecter s’avère long et contraignant. L’entreprise ViewPoint, basée à côté de Lyon, a, elle, développé depuis 2014 la station “ToxMate”. Un flux continu de l’eau traitée par la station d’épuration est dérivé dans cette “boîte grise”. Celle-ci abrite trois espèces présentes dans les rivières européennes : des crevettes d’eau douce, des sangsues et des escargots d’eau douce. Ces dernières réagissent alors à une grande variété de matières toxiques : « Nous travaillons sur les changements de comportement à l’arrivée d’un polluant, ils sont observables grâce à une caméra infrarouge », explique Alexandre Decamps, directeur marché environnement chez View Point. Des alertes sont alors générées en cas de dépassement de seuils de toxicité prédéfinis.

« L’eau rejetée dans la Loire est de bonne qualité »

« On aurait pu faire ce test autre part en France ou en Europe, mais Nevers a une typologie intéressante : c’est un site urbain de taille moyenne, également soucieux de préserver la biodiversité de la Loire », souligne Nicholas Savals, ingénieur commercial chez View Point.

Ils remontent la Loire en canoë pour étudier les microplastiques

« Et l’agglo de Nevers, propriétaire de la station, va de l’avant en la matière », complète David Verhille. Pour ce dernier, le test est d’ores et déjà concluant : « Quand la station “ToxMate” est placée à l’entrée de la station, nous voyons bien les micropolluants arriver. Elle n’en détecte pas en sortie de station. Ce qui montre notre performance pour les capter et les traiter. L’eau rejetée dans la Loire est de bonne qualité, nous allons continuer à essayer d’avoir en permanence cette qualité d’eau », assure-t-il. Une partie de l’eau “propre” est par ailleurs réutilisée par Veolia en interne, « ce qui permet de nous rassurer », précise le directeur.

« En France, nous nous sommes déployés sur 25 sites en France et Suisse. Son coût reste élevé mais des subventions existent », informent les représentants de View Point. Des « discussions sont en cours » quant à sa pérennité sur le site de Nevers.

Linda Marteau 

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