Photo d’archive dans le quartier des Hauts d’Alès concerné par le projet de construction de 815 logements ramené aujourd’hui à 395. (Photo Corentin Migoule)

Le dernier conseil municipal de l’année s’est tenu pendant plus de trois heures ce lundi soir. Au menu : le financement de l’abattoir, la réhabilitation des halles de l’Abbaye et la révision du Plan local d’urbanisme (PLU). 

C’est dans une salle de l’Atome volontairement clairsemée, avec plusieurs conseillers municipaux en visio, que le sujet de l’abattoir est abordé par le premier adjoint, Christophe Rivenq. Il est prévu que l’abattoir, longtemps menacé de fermeture, devienne un pôle viande territorial d’excellence. Hier, c’est la partie financement qui a été examinée : « Nous avançons », assure Christophe Rivenq qui dit avoir trouvé une banque (la Caisse d’épargne) pour la moitié de l’emprunt, soit 1,183 M€ (HT). Sur une question de son opposant Paul Planque, le bras droit du maire, Max Roustan, rappelle que le montant des travaux est de 7,131 M€ (HT), que les emprunts s’élèvent à 4,732 M€ et les subventions à 2,421 M€. Dont une de l’État de 1,2 M€ que Christophe Rivenq est allé chercher directement à Matignon, un aller-retour rentable. Les Parisiens avaient été prévenus : on ne manque pas d’air à Alès.

Les travaux des halles pourraient débuter en février 2023

La suite l’a prouvé. Il a d’abord été question des halles de l’Abbaye, vaste chantier qui a connu de nombreuses péripéties. Christophe Rivenq, toujours lui, est revenu sur le concours d’architecte, sur les 70 candidatures reçues, la sélection des trois candidats finalistes et les différences de points de vue qui ont suivi, notamment sur les sommes demandées par certains. Bref, « le maire a rendu ce concours infructueux », conclut le premier adjoint bien plus enthousiaste quand il évoque le nouveau projet : un marché de maîtrise d’oeuvre. Pour faire simple, le projet de réhabilitation des halles reste le même. Vient s’ajouter la réfection du parking souterrain. Mais cette fois, « on va pouvoir mettre en place un comité de pilotage avec des élus et des étaliers pour s’assurer que ça corresponde aux besoins et aux coûts fixés par la collectivité ». Le montant total des travaux est estimé à 7,5 M€ (HT) et Christophe Rivenq a annoncé hier soir qu’ils pourraient démarrer « en février 2023 », même s’il concède que ce timing « va être compliqué ».

“Gouverner c’est prévoir”

« On attaque le gros morceau », lance Max Roustan qui ne croit pas si bien dire. Pendant plus de deux heures, Christophe Rivenq et ses opposants du Printemps alésien, Paul Planque et Béatrice Ladrange, vont ferrailler sur le Plan local d’urbanisme, le fameux PLU. Ce plan est aussi important qu’il peut être technique et assommant. Anticipant les critiques qu’il connait parfaitement, ne serait-ce que pour avoir croisé quelques minutes plus tôt une vingtaine de manifestants du Printemps alésien à son arrivée dans le bâtiment, Christophe Rivenq plaide longuement ce PLU travaillé par les services techniques de la Ville. Il rappelle en préambule que le commissaire enquêteur a rendu « un avis favorable avec des réserves » en juin dernier.

L’une d’elles concerne le secteur des Hauts d’Alès, celle qui a fait le plus débat ce lundi soir. C’est sur ce site qu’avait un temps été envisagée la maison d’arrêt qui se construira finalement à Nîmes. Puisque « gouverner c’est prévoir », comme l’indique Christophe Rivenq, une cinquantaine d’hectares pourrait un jour être urbanisée et une projection fait état de 815 logements potentiels, revus à 395. Mais tout cela ne serait que fiction, s’époumone Christophe Rivenq à plusieurs reprises. « Jamais il n’a été question de passer cette zone en urbanisme. Ce n’est pas constructible. Il ne se passera rien », jure-t-il. Son opposante, Béatrice Ladrange, ne semble pas convaincue : « La logique est bizarre : vous écrivez des choses dans le PLU que vous dénoncez à l’oral. Les paroles c’est bien, mais ça s’envole ». Le premier adjoint déploie des trésors de diplomatie pour expliquer le caractère obligatoire des projections et justifier de sa bonne foi.

Pas vraiment surprenant, Paul Planque n’y croit pas non plus : « Nous avons demandé à plusieurs reprises la suspension du processus. Votre choix est celui du passage en force », regrette-t-il avant de prédire : « Vous préparez aux Alésiens une ville où l’immense majorité d’entre eux sera invitée à partir en raison de votre urbanisation toujours galopante ». Et d’enfoncer avec une formule choc : « Le cadre paysager privilégié pour les riches venus d’ailleurs et ce qui reste pour les Alésiens ». Il n’est plus question de diplomatie pour Christophe Rivenq qui fulmine : « Pour préparer l’avenir d’une ville, il faut la connaître. C’est hallucinant de recevoir des leçons de quelqu’un qui n’y vit pas ». Le PLU sera finalement voté par la majorité de Droite, associée aux deux élus du Rassemblement national. Les membres du Printemps alésien ont voté contre et poursuivront peut-être leur combat devant le tribunal administratif.

Tony Duret

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ALÈS Au conseil municipal, quand y’en a PLU… – Objectif Gard
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