Tribune. En appui de son nouveau plan local d’urbanisme (PLU) « bioclimatique », en cours d’élaboration, la Mairie de Paris vient de rendre public son document programmatique, le projet d’aménagement et de développement durable (PADD). Il s’agit d’un modèle du genre à ne pas suivre dans les écoles d’urbanisme. J’ai pu, pendant des décennies, enseigner en quelques instants le plan directeur de l’agglomération parisienne de Paul Delouvrier (1965), avec un schéma simple : deux axes Sud-Est Nord-Ouest, encadrant la vallée de la Seine, limités par les cinq villes nouvelles, contrôlaient et ordonnaient la croissance parisienne.

Je serais bien en mal de le faire pour les orientations produites actuellement par l’Hôtel de ville. Si une politique urbaine se définit par l’articulation logique et chronologique entre ses enjeux stratégiques et l’issue possible de leurs contradictions, loin d’illustrer cette vertu, le texte apparaît souvent comme un inventaire de propositions légitimes, mais difficilement compatibles entre elles. Que l’on en juge.

Qui serait contre une « ville inclusive et solidaire », « durable et vertueuse », « attractive et productive », offrant « un logement de qualité pour toutes et tous » (entendons couches moyennes et populaires), permettant au surplus le développement d’une « agriculture urbaine », le tout dans une densification maîtrisée, maintenant ou restaurant des « respirations » nécessaires dans le tissu des quartiers ? Quand on sait par le document lui-même que la capitale a gagné environ 3 millions de mètres carrés construits de 2006 à 2020, tout en perdant quelques dizaines de milliers d’habitants, et que le renchérissement des prix immobiliers n’a pourtant cessé de s’affirmer, on ne comprend pas par quel coup de baguette magique, ces objectifs idéaux deviendraient soudain accessibles.

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Il en est de même pour l’autre grand chantier de la ville : la transformation du boulevard périphérique en « boulevard urbain, pacifié, habité et végétalisé ». Là encore, qui serait opposé à la suppression de cette nuisance respiratoire, acoustique et visuelle, subie quotidiennement par des dizaines de milliers de Parisiens ? Mais on ne dit mot du problème politique majeur que pose la frontière durable – depuis 1860 ! – entre Paris et sa banlieue, et surtout des moyens de substitution à la fonctionnalité circulatoire majeure d’une artère vitale, dans l’état actuel, pour la mobilité des habitants et le transport des marchandises. Toujours la vertu proposée en lieu et place de la réalité.

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« A Paris, le nouveau plan local d’urbanisme est un modèle du genre à ne pas suivre dans les écoles » – Le Monde
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